La créativité peut-elle nous aider à oser — même quand on a peur du regard des autres ?
Ce samedi de juin où j’ai pris un risque
Le 6 juin 2026, à la Maison des Associations de Strasbourg, le Club des Orateurs de Strasbourg organisait son Après-midi des Conférenciers autour du thème « Trouver sa voix / voie ». Cinq conférenciers. Cinq parcours humains singuliers. Et moi, chargée de présenter l’un d’eux devant une salle.
Une première pour moi dans ce contexte-là.
Je ne vais pas vous dire que j’étais parfaitement sereine. Je ne fais pas cela tous les jours. Il y avait de l’appréhension — réelle, sincère. Cette petite voix intérieure qui demande : est-ce que je suis à la hauteur ? Est-ce que ce que j’ai préparé va résonner ?
J’aurais pu rester dans le registre convenu : quelques lignes de biographie, un titre. Sûr. Propre. Sans risque.
Mais la sécurité n’a jamais été l’endroit où je vis. Ni devant une toile, ni dans la vie.
Alors j’ai choisi autrement.
Ce qui m’a permis d’oser : un groupe comme une forêt bienveillante
Ce qui a rendu le risque possible, c’est quelque chose que j’ai ressenti dès ma première visite au club, un soir de mars où il pleuvait des cordes à Strasbourg.
Dans cette salle, il y avait une qualité d’attention rare. Une bienveillance réelle. Pas de la politesse de façade — quelque chose de plus profond : le respect sincère de ce que chacun apporte, même maladroitement, même avec tremblements.
Ce groupe-là, je l’ai vécu comme un espace où l’on peut se montrer tel qu’on est. Où les autres ne sont pas des juges — ils sont, d’une certaine façon, des amis. Des compagnons de chemin qui savent ce que coûte de monter devant une salle et de de prendre la parole.
C’est cette sécurité relationnelle qui m’a permis d’aller chercher quelque chose de plus authentique dans ma préparation. Quand on comprend que le regard de l’autre est bienveillant, on ose aller plus loin dans ce qu’on est vraiment.
L’école de Palo Alto nous enseigne que changer de perspective sur une situation en transforme radicalement le vécu. Ce soir-là, j’ai simplement glissé d’une lecture « risque » vers une lecture « bénéfice » — pour moi, pour le groupe, pour la relation. Et c’est précisément ce que j’explore dans mon travail depuis plus de onze ans : comment la créativité nous permet d’être en contact avec les autres — non pas depuis le masque de la performance, mais depuis l’espace du cœur.
Le processus créatif ne commence pas devant un écran — il commence par une rencontre
Ahmet Yildirim, l’homme que j’allais présenter, est un pont vivant entre deux mondes : l’informatique et la Communication Non-Violente. Trente ans dans les systèmes, les algorithmes, la logique des machines — et puis, un jour, la question qui s’est glissée entre deux lignes de code : et si la logique ne suffisait pas à naviguer dans le monde des hommes ?
Quand je l’ai entendu parler pour la première fois, j’ai ressenti quelque chose d’immédiat. Une chaleur. Une présence. Une force intérieure tranquille.
Ses mots ne restaient pas dans la salle. Ils continuaient à cheminer en moi bien après.
C’est là que le processus créatif a commencé.
Qu’est-ce que créer, vraiment ?
Dans mon glossaire — celui que j’ai construit au fil de mon parcours d’artiste peintre et de praticienne en approche systémique —, je distingue trois réalités essentielles :
Le blocage est cette chambre noire où quelque chose attend d’être révélé. L’image existe déjà, latente. Elle n’est pas encore visible — mais elle est là.
L’impasse est le moment où l’on croit que le chemin s’arrête. C’est souvent là, au point de bascule, qu’une nouvelle voie commence à se dessiner.
La stratégie créative est la lumière qui permet au cliché de se développer. Pas une technique. Une permission. Celle de regarder différemment.
Préparer l’introduction d’Ahmet, c’était traverser ces trois états. Le doute, la recherche, puis le moment où quelque chose s’ouvre.
Et ce processus — je le rencontre aussi bien face à une toile qu’au moment de construire un discours, d’accompagner un client, ou de concevoir un atelier. Le processus créatif ne se joue pas uniquement dans la peinture. Il est là dans chaque espace où l’on accepte de chercher plutôt que de reproduire, d’explorer plutôt que de rester sur ses acquis.
Le cœur — premier organe, premier langage
Il y a un fait embryologique que je trouve bouleversant : le cœur est le premier organe à se former dans le fœtus. Avant le cerveau. Avant la raison. Avant les mots.
Nous sommes des êtres de cœur avant d’être des êtres de pensée.
Ce n’est pas une métaphore. C’est une réalité biologique qui dit quelque chose de fondamental sur ce que nous sommes — et sur la façon dont nous entrons en relation les uns avec les autres.
Quand j’ai construit le discours d’introduction pour Ahmet, j’ai choisi de ne pas partir de sa biographie. J’ai choisi de partir de cette question qu’il pose lui-même : À l’école, on vous a appris les mathématiques, la grammaire, l’histoire… Mais qui vous a appris à faire dialoguer votre raison avec votre cœur ?
Cette question-là, je la connais intimement. Elle est au cœur de mon travail.
Parce que la confiance en soi et l’estime de soi ne se construisent pas uniquement par la raison. Elles se construisent dans le corps, dans la sensorialité, dans les espaces où l’on ose créer sans garantie de résultat.
La créativité comme pont entre soi et les autres
On croit souvent que la créativité est une affaire solitaire. Une toile, un atelier, un processus intérieur.
Mais ce samedi à Strasbourg, j’ai vécu quelque chose d’autre.
La créativité — celle que je dépose dans un tableau à l’aquarelle, celle que je mobilise dans mon approche systémique pour ouvrir des chemins nouveaux, celle que j’ai mise dans cette introduction de deux minutes — est avant tout un espace de connexion.
Connexion à soi d’abord. Connexion aux autres ensuite.
Depuis l’espace du cœur.
Ce qu’on m’a dit après la présentation, c’est qu’il y avait beaucoup de stabilité, de créativité, de cœur. Pas dans le sens sentimental du terme. Dans le sens premier : quelque chose de vivant, de présent, qui avait traversé la distance entre moi et la salle.
C’est précisément ce que je cherche à cultiver : cette capacité à relier créativité, confiance en soi et estime de soi non pas comme des compétences à développer, mais comme des mouvements naturels vers les autres — à partir de ce qu’on est vraiment.
Prendre un risque, c’est un acte créatif
Je suis artiste peintre. J’accompagne en approche systémique. J’étais aussi apicultrice et …
Dans chacun de ces espaces, j’ai appris la même chose : la vie ne récompense pas ceux qui restent sur leurs acquis. Elle s’offre à ceux qui acceptent de ne pas savoir à l’avance ce qui va émerger.
L’abeille ne sait pas au départ quelle fleur va donner le meilleur nectar. Elle explore. Elle revient. Elle transmet.
Présenter Ahmet Yildirim devant une salle était un risque créatif. Une sortie de zone de confort. Un choix d’être présente, entière, sincère — plutôt que simplement correcte.
Dans la tradition de l’école de Palo Alto, un simple recadrage — regarder la même situation depuis un autre angle — peut transformer l’expérience de l’intérieur. Plutôt que de me demander ce que je risquais, je me suis demandé ce que nous allions tous y gagner. Cette bascule a tout changé.
J’y allais avec l’appréhension des premières fois. Et j’y allais avec le cœur ouvert, en me disant : toutes ces personnes sont là, bienveillantes, présentes. Elles sont, d’une certaine façon, mes amis.
Et c’est peut-être là, dans cet espace d’exposition libre et sécurisé, que la créativité devient estime de soi.
Parce qu’elle dit : je me fais confiance pour traverser l’incertain.
Pour aller plus loin
Si vous souhaitez explorer comment la créativité peut devenir un levier de confiance et d’estime de soi — que vous soyez un particulier, un manager, une équipe — je vous invite à me contacter.
La peinture, l’approche systémique, la créativité : trois langages différents pour le même chemin — celui qui ramène à soi, et vers les autres.
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Questions fréquentes sur la créativité
La créativité peut-elle vraiment se développer à l’âge adulte ?
Oui. Les neurosciences le confirment : le cerveau adulte conserve une plasticité suffisante pour développer de nouvelles compétences créatives à tout âge. Le mécanisme de myélinisation — qui renforce les connexions nerveuses par la pratique répétée — fonctionne tout au long de la vie. J’accompagne régulièrement des adultes de 30 à 60 ans dans ce processus de réactivation créative, à Rosheim et à distance.
Qu’est-ce que la deep practice selon Daniel Coyle ?
La deep practice, ou pratique profonde, est une forme d’apprentissage intentionnel décrite par Daniel Coyle dans The Talent Code (2009). Elle consiste à répéter une compétence lentement, en s’arrêtant sur les erreurs plutôt qu’en les ignorant. Ce processus stimule la myélinisation cérébrale et est à l’origine de la plupart des talents exceptionnels étudiés par Coyle.
Comment savoir si je manque de créativité ou si elle est simplement bloquée ?
La grande majorité des personnes qui se disent « pas créatives » ont en réalité une créativité mise en veille par des expériences passées — une remarque blessante, un échec précoce, une comparaison défavorable. Le test Stress & Créativité (lien dans l’article) permet de faire un premier point. Un accompagnement peut ensuite aider à identifier et lever les blocages spécifiques.
Où se trouve l’exposition de Nathalie Delhom en ce moment ?
L’exposition « Oser l’imaginaire » est actuellement visible chez JZ Santé Naturelle, 100 rue Léon Foucault à Illkirch-Graffenstaden (Alsace). Entrée libre sur présentation à l’accueil. Chaque œuvre est accompagnée d’un audio immersif à écouter sur place.
Comment prendre rendez-vous avec Nathalie Delhom à Rosheim ?
Les consultations ont lieu au 7 rue du Lion, 67560 Rosheim (Alsace, Bas-Rhin), du lundi au samedi. Des consultations à distance sont également disponibles. Un appel découverte offert de 20 minutes est proposé aux nouveaux consultants, sans engagement.
Pour aller plus loin
👉 Découvrez mes programmes détaillés :
- Passez le test pour définir votre niveau de stress
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- Colore ton job en zen
- Stress, anxiété et angoisse : comment les différencier
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des accompagnements progressifs pour installer le flow au travail,
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des ressources pratiques pour ancrer vos routines créatives au fil des semaines.
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